La dette publique est souvent présentée comme un épouvantail : sorte de « mal absolu », illustrée par une « dérive » des finances publiques, elle serait le résultat de notre irresponsabilité, elle constituerait le fardeau qu’auraient à supporter les générations futures… Devant autant de cris d’orfraie, on est en droit de s’interroger sur la réalité de la situation. Or, disons-le d’emblée, contrairement à une idée reçue martelée sans relâche dans de nombreux médias, il n’y a pas de « dérive » des dépenses publiques. On constate au contraire une grande stabilité dans la part du niveau global des dépenses publiques dans la richesse nationale. Les dépenses publiques représentaient en effet 51,5% du produit intérieur brut (PIB) en 1985, 53,5% en 1995 et 52,7% en 2008 au début de la crise. Dans la même période, la dette publique est passée de 30,6% du PIB en 1985 à 55,5% en 1995 et à 68,2% en 2008 (on est aujourd’hui à plus de 92%). Qu’est-ce qui explique cet écart ?